LA TRIBUNE DIMANCHE - En déplacement vendredi dans les Alpes-Maritimes, Michel Barnier a jugé que le choix italien d'externaliser des demandeurs d'asile en Albanie n'était « pas transposable » en France. Cela vous rassure-t-il ?
VALÉRIE HAYER - Oui, même si, plutôt que « transposable », j'aurais préféré que Michel -Barnier dise que ce n'était « pas acceptable », car pour moi il est surtout très clair que cela ne peut en rien être une solution. Depuis le début, Giorgia Meloni n'est que dans l'affichage et la surenchère sur la question migratoire. Avant son élection, elle assurait qu'elle la réglerait seule, évoquant même l'idée d'un blocus naval. Si elle s'est finalement tournée vers l'Europe, elle multiplie encore les propositions spectaculaires qui ne peuvent que se terminer par des flops. Sa « solution » albanaise va coûter 160 millions par an aux Italiens. Et pourquoi ? Pour traiter le cas de seulement 10 % des migrants arrivant sur ses côtes, soit 7 000 personnes par an. Enfin, autre preuve que c'est une mauvaise solution : ce vendredi, un tribunal italien a invalidé après moins d'une semaine la rétention des premiers migrants en Albanie... Pour régler la question migratoire, j'appelle à privilégier la responsabilité plutôt que la démagogie.