Le président ukrainien Volodymyr Zelensky présentera vendredi à Joe Biden un plan de règlement du conflit.Cela fait des semaines que Volodymyr Zelensky et son entourage en parlent. La semaine prochaine, le président ukrainien va enfin dévoiler son fameux « plan pour la victoire » qui, à l'écouter, apporterait « une paix réelle et juste ». Il en réservera la primeur à Joe Biden lors d'un entretien vendredi, à la Maison-Blanche. Il en fera part ensuite à Kamala Harris, mais aussi à Donald Trump.
Cette présentation officielle relève surtout de la pure forme car l'administration américaine a déjà eu accès à de larges parties du document, dont elle semble approuver la philosophie. Linda Thomas-Greenfield, l'ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, a ainsi estimé que la stratégie présentée « pouvait fonctionner ».
Le mauvais scénario du conflit gelé
Si les détails du projet n'ont pas filtré en dehors de ce petit cercle, son architecture, elle, est plus ou moins connue : elle s'articule autour de quatre piliers (économie, sécurité, diplomatie et politique). Cinq chapitres annexes anticipent, eux, l'après-guerre. La récente incursion ukrainienne dans la région russe de Koursk et les éventuels dividendes que Kiev peut en tirer figurent aussi dans le document.
Ce plan devrait autant être l'esquisse d'un chemin vers la paix qu'un plaidoyer à l'adresse des Occidentaux pour qu'ils accentuent leur aide à Kiev. Zelensky dit d'ailleurs attendre de ses alliés qu'ils prennent des « décisions rapides » - « entre octobre et décembre » - sans toutefois préciser dans quels domaines. Ce faisant, il souhaite éloigner un scénario redouté à Kiev : celui d'un simple cessez-le-feu. Cette option transformerait la guerre en cours en un conflit gelé avantageux pour la Russie, qui conserverait les 18 % de territoire ukrainien conquis depuis deux ans et demi. Le plan fixe d'ailleurs une ligne rouge : aucune once de terre ukrainienne ne devra être concédée à Moscou.