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ÉconomieInternational

Russie : la croissance devrait être bien meilleure que prévu et... meilleure que celle de l'Europe

latribune.fr

Publié le 31 janvier 2024 à 14:13 - Mis à jour le 31 janvier 2024 à 14:13

Le president russe vladimir poutine lors d'une reunion a l'universite technique maritime d'etat de saint-petersbourg

Le president russe vladimir poutine lors d'une reunion a l'universite technique maritime d'etat de saint-petersbourg

SPUTNIK

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Le Fonds monétaire international a revu en forte hausse ses estimations du Produit intérieur brut russe en 2024. Selon les estimations publiées mardi, la Russie devrait connaître une croissance de 2,6%, soit meilleure que celle de la zone euro, grâce à l'effort consenti sur la dépense publique, due au passage à l'économie de guerre.

Moscou ne semble pas encore avoir dit son dernier mot sur le front économique. Nombre d'institutions et d'experts voyaient l'économie russe s'effondrer, après l'application des sanctions occidentales au lendemain de l'invasion de l'Ukraine. Et pourtant, le Fonds monétaire international a révisé à la hausse mardi ses prévisions de croissance pour le pays. Ainsi, en 2024, le FMI prévoit une hausse de 2,6% du Produit intérieur russe. Un chiffre qui représente 1,5 point de pourcentage de plus que lors de sa prévision d'octobre qui anticipait 1,1% de croissance.

C'est même mieux que la croissance attendue en zone euro. Celle-ci ne devrait pas dépasser 1% (0,9%) de croissance. Et pour cause, elle a été une nouvelle fois plombée par l'Allemagne, le moteur de l'Europe dont l'économie va continuer à tourner au ralenti (0,5% attendu). L'Italie devrait faire à peine mieux que celle-ci, étant un partenaire commercial majeur (0,7% en 2024). Mais la France et surtout l'Espagne peuvent espérer mieux, avec respectivement 1% et 1,5% de croissance pour l'année en cours. Hors Union européenne, le Royaume-Uni devrait rester à la peine (0,6%).

Près de deux ans après le début de la guerre en Ukraine, l'économie russe semble tenir le choc, en comparaison de ses voisins du Vieux continent. Des chiffres qui servent la rhétorique du Kremlin. Vladimir Poutine martèle régulièrement que les sanctions échouent à mettre à genoux l'économie de son pays.

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Une croissance dopée de manière artificielle

Il convient néanmoins de nuancer ces chiffres. Et pour une raison simple : l'économie russe est maintenue à flot, grâce à une dépense publique accrue. Pour rappel, Moscou a acté u

ne envolée de près de 70% des dépenses militaires en 2024, le Kremlin réorientant toute sa politique vers l'effort de guerre.

Le conflit en Ukraine pèse fortement sur le budget d'Etat, notamment en raison de l'explosion des commandes militaires aux usines d'armements, du coût de la logistique et des salaires des centaines de milliers de nouvelles recrues dans l'armée. Selon le ministre de la Défense Sergueï Choïgou, l'armée russe distribue quotidiennement « 10.000, parfois jusqu'à 15.000 tonnes de matériel (...) des munitions, du carburant », mais aussi de la nourriture, de l'eau et du linge pour les soldats.

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Illustration de la newsletter L’Alerte La Tribune

Selon un document du ministère des Finances, consulté fin septembre par l'AFP, les dépenses de Défense vont augmenter de 68% en 2024, par rapport à 2023, et atteindre 10.800 milliards de roubles (environ 106 milliards d'euros). Au global, la somme allouée à la Défense va représenter environ 30% des dépenses fédérales en 2024 et 6% du PIB, une première dans l'histoire moderne de la Russie. Autant de biens, produits pour l'armée, qui vont doper le PIB du pays cette année.

Exportations de pétrole et hausse des échanges avec la Chine

Moscou parie aussi sur ses revenus pétroliers et les échanges commerciaux avec son voisin chinois, pour soutenir son économie. Les seconds ont atteint un niveau record en 2023 de 240,1 milliards de dollars de biens et services, en hausse de 26,3% sur un an, selon les douanes chinoises.

Selon des chiffres communiqués lors d'un forum en janvier par le patron du géant pétrolier Rosneft, Igor Setchine, l'énergie représente « plus de 75% des exportations russes à destination de la Chine ». 

Le président russe y a affirmé que les conflits et menaces dans le monde 

« renforcent »

 la relation des deux pays. 

« La confiance politique mutuelle entre les deux pays est en croissance constante »,

 a-t-il dit à son allié, selon l'agence officielle Chine nouvelle. Xi Jinping a, lui, rappelé avoir rencontré Vladimir Poutine 42 fois au cours de la dernière décennie et 

« développé une bonne relation de travail et une amitié profonde »

 avec son homologue.

En revanche, la Russie peut de moins en moins compter sur ses revenus pétroliers.

«Les recettes fiscales russes provenant des exportations de pétrole et de produits pétroliers - la principale source de revenus de la Russie - ont été inférieures de 32% entre janvier et novembre 2023 à celles de la même période l'année dernière», ont affirmé dans un communiqué commun le G7, l'Union européenne et l'Australie, en décembre.

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Sur les seuls cinq premiers mois de 2023, la chute des revenus s'est élevée à 50%, avait déjà indiqué Washington en juin. Et pour cause, 

les Occidentaux ont imposé un mécanisme de plafonnement du prix à la Russie, l'obligeant à vendre son pétrole à 60 dollars le baril maximum aux membres de la coalition - Australie, Canada, Union Européenne, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et Etats-Unis. Pourtant, les prix du pétrole oscillent depuis quelques mois dans une fourchette 

comprise entre 75 et 85 dollars le baril

.

Une inflation de 7,4%

L'amélioration des perspectives de la croissance russe ne doit pas non plus faire oublier les difficultés de la Russie. Elle fait toujours face à une inflation élevée. Bien qu'en ralentissement, la hausse des prix s'est établie à 7,4% en décembre. Une situation qui oblige la Banque centrale du pays à maintenir des taux à près de 16% encore fin décembre.

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De façon générale, malgré une adaptation de l'économie menée au pas de course, la Russie fait face à une série de difficultés qui durent : chômage très faible (3% en août) symbole de la contraction de la main-d'œuvre, pénuries de pièces mécaniques et technologiques auparavant importées, fuite des cerveaux à l'étranger... Autant de problématiques qui pourraient avoir des conséquences importantes à long terme.

(Avec AFP)

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