C'est une date gravée dans la mémoire de l'Amérique. Le 6 janvier 2021, sur la pelouse de l'Ellipse, au sud de la Maison-Blanche, Donald Trump appelait ses partisans à se diriger vers le Capitole. Les milices armées des Oath Keepers et des Proud Boys avaient ensuite forcé l'évacuation du Congrès, réuni pour confirmer la victoire de Joe Biden obtenue deux mois plus tôt. Bilan : 5 morts, 3 millions de dollars de dégâts, 140 policiers blessés. Depuis, plus de 1 500 personnes ont été inculpées par la justice fédérale, près de 1 200 ont plaidé ou ont été reconnues coupables.
Comme souvent quand il se retrouve sur le banc des accusés, le candidat républicain cherche aujourd'hui à brouiller les pistes, en réécrivant l'histoire de cette journée, rebaptisée par lui « jour d'amour ». S'il est élu président, il promet de gracier les émeutiers. Ultime théorie du complot, l'insurrection serait, selon lui, un coup monté du FBI organisé par le gouvernement fédéral pour dissimuler la certification d'une élection frauduleuse.
Washington a survécu à Trump. Mais ce traumatisme du 6 janvier demeure. L'ex-New-Yorkais, résident de Mar-a-Lago en Floride, déteste le district de Columbia, et ce bastion démocrate le lui rend bien. À la veille du scrutin présidentiel, dans une fin d'automne aux allures d'été indien, la civilité tranquille des habitants ne masque pas une certaine fébrilité. « Depuis que Donald Trump a souillé ces lieux emblématiques, j'ai compris que notre démocratie était fragile et cette élection me rend très nerveux », lâche Andris, un volontaire de la campagne Harris-Walz.