La compagnie pétrolière nationale, Saudi Aramco, a vu son bénéfice net chuter de 22 % au deuxième trimestre. Une baisse de revenus alarmante pour le Royaume saoudien au moment où celui-ci doit financer son plan « Vision 2030 », vital pour sortir de sa dépendance au pétrole.Mauvais temps pour Saudi Aramco. En début de semaine, la compagnie pétrolière nationale a annoncé que son bénéfice net avait connu une chute de 22 % au deuxième trimestre. Une baisse d'autant plus inquiétante qu'il s'agit du dixième trimestre consécutif de dégringolade des résultats.
« C'est le cumul d'un prix du pétrole bas, en dessous de 65 dollars, couplé à une baisse des exportations et une augmentation des investissements », explique à La Tribune John Plassard, responsable des investissements chez la banque Cité Gestion.
À cause des baisses de productions imposées par l'Opep + depuis 2022, dans le but de maintenir les prix de l'or noir, l'Arabie saoudite produit actuellement environ 9 millions de barils par jour (mbj), bien en deçà de sa capacité de 12 mbj.
Cette situation n'a rien d'inquiétant pour la major qui affiche toujours une solide rentabilité. Elle l'est en revanche beaucoup plus pour le royaume saoudien.
Aramco vital pour Ryad
« Ryad est ultra-vulnérable à la baisse des prix du pétrole », rappelle l'économiste de Cité Gestion. L'or noir dont les ventes sont assurées par Saudi Aramco représente en effet 40 % du produit intérieur brut saoudien et 60 % de ses recettes budgétaires. À cause de la baisse de rentabilité de la major nationale, le gouvernement du pays a annoncé un déficit de 9,2 milliards de dollars au deuxième trimestre.
Car pour financer son train de vie et ses investissements, le royaume dirigé par Mohammed Ben Salmane a besoin de vendre ses barils à 83 dollars minimum. En dessous, les comptes du pays tombent dans le rouge. Or Ryad a cruellement besoin de l'argent du pétrole... pour sortir de sa dépendance au pétrole.