MaPrimeRénov', impôts, gaz... Ce qui change pour votre budget en juillet
latribune.fr
La suspension des dossiers pour les "rénovations d’ampleur" jusqu’à mi-septembre soulève des questions sur l’avenir du marché. Les aides "par geste" et pour les copropriétés sont maintenues. L’éco-PTZ s’aligne sur les nouvelles règles MaPrimeRénov' dès...
Andrey Popov - Fotolia.com
La première quinzaine de juillet apporte son lot de bouleversements pour les ménages et les entreprises. Au programme : la suspension temporaire de MaPrimeRénov' pour les « rénovations d’ampleur », les remboursements d’impôts, l’augmentation des factures de gaz, et des nouveautés bancaires.
Beaucoup de choses vont changer lors de la première quinzaine de juillet pour les ménages et entreprises. Au-delà des traditionnels mouvements de prix saisonniers, c'est une véritable réorganisation de certains dispositifs structurants, comme MaPrimeRénov' ou des règles de versement des impôts.
MaPrimeRénov' : une suspension temporaire aux implications durables
La décision de suspendre le dépôt des dossiers MaPrimeRénov' pour les « rénovations d'ampleur » jusqu'à la mi-septembre soulève des interrogations quant à la trajectoire future du marché de la rénovation énergétique. Cette pause, justifiée par le gouvernement par un afflux de demandes et une recrudescence des tentatives de fraude, met en lumière les tensions structurelles auxquelles est confronté le dispositif. Si l'objectif affiché est de réviser le cadre pour le rendre plus efficient, l'arrêt temporaire des aides pour les projets les plus ambitieux risque de freiner l'élan de certains professionnels et particuliers.
Cette situation contraste avec le maintien des aides « par geste » et pour les copropriétés, signalant une volonté de cibler les subventions, potentiellement au détriment des approches plus holistiques pourtant plébiscitées pour leur efficacité énergétique supérieure. L'alignement des règles de l'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) sur celles de MaPrimeRénov' à compter du 1er juillet, bien que visant à harmoniser les dispositifs, pourrait également complexifier l'accès à ces financements pour des acteurs moins aguerris aux nouvelles exigences. Les 50 000 euros maximum de l'éco-PTZ restent un levier, mais leur conditionnement strict aux standards MaPrimeRénov' en renforce la sélectivité.
Remboursements d'impôts et hausse des factures de gaz
La fin du mois de juillet apportera son lot de bonnes et de moins bonnes nouvelles pour le budget des ménages. Pour ceux qui ont été prélevés à la source de manière excessive en 2024, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé des remboursements par virements prévus les 25 juillet ou 1er août, une bouffée d'oxygène pour de nombreux contribuables. Cette restitution, consécutive à la campagne de déclaration des revenus en ligne dont les avis seront disponibles entre le 25 juillet et le 1er août, illustre le fonctionnement du système de prélèvement à la source et sa nécessaire régularisation annuelle.
Cependant, cette manne potentielle sera en partie tempérée par l'augmentation des abonnements au gaz à partir du 1er juillet. La Commission de régulation de l'énergie (CRE) anticipe une hausse de 1,4 % des factures, principalement due à l'accroissement des coûts d'acheminement, c'est-à-dire les charges liées à l'utilisation et à l'entretien des réseaux de distribution. Le tarif moyen de l'abonnement annuel pour un usage chauffage passera de 277,43 euros à 290,83 euros. Si le prix du kWh pour le chauffage baisse légèrement (de 0,110 euro à 0,109 euro), il augmente pour l'eau chaude et la cuisine (de 0,139 euro à 0,140 euro), créant un tableau nuancé pour la facture globale. Cette évolution souligne la volatilité persistante des prix de l'énergie et l'importance des facteurs structurels dans leur composition.
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Nouveautés bancaires et encadrement des services
Le secteur bancaire n'est pas en reste, avec des évolutions notables pour certains clients dès le début du mois de juillet. Plusieurs caisses régionales du Crédit agricole (Atlantique Vendée, Pyrénées Gascogne, Toulouse 31, Alpes Provence, la Réunion Mayotte, Martinique ou Ille-et-Vilaine) vont procéder à des hausses de tarifs. Les clients bretilliens verront ainsi leurs cotisations de cartes bancaires augmenter d'environ 7 %, et l'assurance perte ou vol des moyens de paiement prendra 5 % supplémentaires. La Caisse d'épargne Côte d'Azur et la Banque Populaire du Nord connaîtront également des évolutions tarifaires.
À l'inverse, La Banque postale apportera des améliorations sans surcoût pour les clients ayant souscrit l'Assurance de moyens de paiement Alliatys. Les plafonds d'indemnisation pour la sécurité des cartes bancaires passeront de 3 000 euros à 4 000 euros, et pour le vol de clés et papiers, de 500 euros à 800 euros. Ce geste commercial, perçu comme un renforcement de la proposition de valeur, peut être interprété comme une stratégie de fidélisation dans un marché concurrentiel. Parallèlement, le 10 juillet marquera une échéance importante pour les derniers clients de Ma French Bank, la banque en ligne de La Banque postale qui cesse ses activités. Le transfert des avoirs vers la Caisse des dépôts et consignations (CDC) oblige les clients à une démarche proactive via le site Ciclade pour récupérer leurs fonds.
Enfin, deux dispositifs visent à améliorer la transparence et la protection du consommateur dans des moments sensibles : l'entrée en vigueur d'un nouveau modèle de devis funéraire plus lisible au 1er juillet, séparant clairement les prestations obligatoires et non obligatoires, et l'encadrement renforcé de l'information sur les contrats d'assurance obsèques, avec un nouveau tableau synthétique et la limitation des délais de carence à un an maximum. Ces mesures visent à renforcer la comparaison des offres et à prévenir les mauvaises surprises pour les souscripteurs, dans un marché où la vulnérabilité émotionnelle des clients peut être exploitée.
Marché du travail et enjeux de santé
Le marché du travail et le système de santé voient également leurs règles ajustées en juillet. La généralisation de la mensualisation des allocations chômage à partir du 1er juillet, sur la base de 30 jours pour l'allocation d'Aide au retour à l'emploi (ARE), est une mesure d'uniformisation du versement. L'Unédic devrait par ailleurs annoncer prochainement une revalorisation des allocations, après une hausse de 1,2 % l'année dernière. Ce mouvement vise à simplifier la gestion pour les bénéficiaires et les services de Pôle emploi.
Sur le front de la santé, la lutte contre la fraude aux arrêts de travail s'intensifie avec l'instauration, dès le 1er juillet, d'un nouveau formulaire papier doté de sécurités accrues (papier spécial, étiquette holographique, encre magnétique). Cette mesure est une réponse à l'explosion du préjudice financier détecté par l'Assurance maladie, passé de 8 millions d'euros en 2023 à 30 millions en 2024. Le recours à des technologies anti-fraude démontre la volonté des pouvoirs publics de maîtriser les dépenses de santé et de renforcer l'intégrité du système.
Par ailleurs, les commissaires de justice se voient confier la gestion des saisies sur rémunération à partir du 1er juillet. Cette centralisation, qui retire le rôle systématique des juges tout en maintenant leur capacité de contrôle en cas de contestation, vise à fluidifier et professionnaliser cette procédure complexe.
Enfin, une note sur l'apprentissage : une participation forfaitaire obligatoire de 750 euros sera désormais demandée aux employeurs pour les contrats préparant à un diplôme au moins égal à Bac+3, et ce, pour tous les contrats conclus après le 1er juillet. Cette contribution, recouvrée par les Centres de formation des apprentis (CFA), marque une évolution dans le financement de l'alternance pour les niveaux d'études supérieurs. Initialement prévue pour le 1er juillet, la hausse de certaines consultations médicales chez des spécialistes (gériatres, pédiatres, dermatologues) est finalement reportée au 1er janvier 2026, suite à une alerte sur les dépenses d'arrêts maladie. Cette décision témoigne des arbitrages constants entre l'amélioration de la rémunération des professionnels de santé et la maîtrise des dépenses publiques dans un contexte budgétaire contraint.