Les élèves des petites villes et des zones rurales souffrent encore d’une inégale implantation dans les lycées de l’Hexagone des classes préparatoires aux grandes écoles et des sections de technicien supérieur. Et ce, malgré une politique de « proximité » menée par l’État.« Sur les problèmes de compétitivité, nous devons absolument agir », avait alerté début novembre l'ex-ministre de l'Économie Antoine Armand en déplacement à Bruxelles. Sur le sujet, les politiques réfléchissent volontiers à une réduction du coût du travail ou de la protection sociale, mais plus rarement aux inégalités géographiques qui réduisent, voire empêchent, certains jeunes d'accéder aux filières sélectives de l'enseignement supérieur. Et donc, par ricochet, aux métiers les plus qualifiés.
Pourtant, ce phénomène est loin d'être négligeable, comme le souligne une étude de l'Institut des politiques publiques (IPP) publié mardi 25 mars. « La distance à la formation la plus proche joue un rôle clé dans l'accès aux filières sélectives (...) », pointe la chercheuse et autrice de l'étude Georgia Thebault.
Pour le démontrer, l'économiste a étudié les ressorts de l'accès à deux formations post-bac : les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) et les sections de technicien supérieur (STS). Deux formations qui ont la particularité d'être dispensées au sein des lycées. Le tout en se concentrant sur la période 2006-2015, marquée par une politique de « proximité » de l'État qui a consisté à ouvrir ces filières en dehors des grandes villes.
Des inégalités géographiques persistantes
Mais « une analyse de la localisation des lycées contribuant le plus au recrutement des CPGE et des STS révèle une forte implantation dans les grands centres urbains (...) », souligne l'étude. Dans le détail, à la fin de la période étudiée, en 2015, « parmi les lycées fournissant plus de 50 % des effectifs des CPGE, près de la moitié étaient situés dans des communes de plus de 100 000 habitants et 29 % étaient situés en région parisienne », détaille Georgia Thebault. Pour la filière STS, l'effet de concentration s'avère légèrement moins fort.