L'incertitude politique pousse les Français à épargner toujours plus
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Le taux d’épargne des Français s’établissait à près de 19 % à la mi-2025, selon l’Insee.
MOHAMED ABD EL GHANY
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Le taux d’épargne des Français s’établissait à près de 19 % à la mi-2025, selon l’Insee.
MOHAMED ABD EL GHANY
La crise politique incite les Français à épargner toujours plus. Plongés dans un épais brouillard politique et budgétaire depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024, les consommateurs ont appuyé sur le frein des dépenses. Et la possible chute du Premier ministre, François Bayrou, lundi prochain lors du vote de confiance, pourrait encore accroître l'incertitude dans l'Hexagone. « Les ménages sont attentistes depuis la dissolution de l'Assemblée en juin 2024 et les derniers développements politiques ne peuvent que renforcer cet état d'esprit », souligne l'économiste Bruno Cavalier (Oddo BHF) dans une récente note. « Cette situation va créer de l'angoisse », abonde l'économiste Philippe Crevel, dirigeant du Cercle de l'épargne.
À la fin du deuxième trimestre, le taux d'épargne était de 18,9 % selon les dernières données de l'Insee. « En dehors de la période Covid, c'est historique », indique Mathieu Plane, directeur adjoint des prévisions à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). « Il faut remonter au début des années 1980 pour trouver des niveaux similaires », ajoute Philippe Crevel. Au premier trimestre, l'épargne coulait encore à flots. D'après la Banque de France, le flux d'épargne brute des ménages s'est approché de son niveau record (91 milliards d'euros, contre 97 milliards au printemps 2020). En pleine pandémie, les Français avaient cumulé une montagne d'épargne, faute de pouvoir consommer. À l'époque, l'exécutif avait décidé de mettre sous cloche l'économie pour endiguer la propagation du virus.
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S'agissant des perspectives, il est encore tôt pour savoir exactement quel sera le sort du gouvernement Bayrou. Changement de tête à Matignon, dissolution, nouvelles élections... plusieurs scénarios sont désormais sur la table. Mais la plupart des économistes s'accordent sur le fait que l'épargne des Français devrait demeurer à un niveau élevé. « Certains facteurs ont pu alimenter cette épargne [inflation, taux élevés], mais l'indice des prix a ralenti et les taux ont baissé », souligne Mathieu Plane. « Désormais, c'est l'incertitude qui peut jouer le moteur de l'épargne. Il n'y a pas de raison que le taux d'épargne baisse à court terme en raison de l'hyperprudence des ménages », poursuit l'économiste. L'OFCE « s'attend à une baisse progressive, mais plutôt en 2026, autour de 18 % ». « Je ne vois pas de baisse massive du taux d'épargne », anticipe de son côté Philippe Crevel.
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