Coup de tonnerre à Toulouse. Le tribunal administratif considère qu'il n'existe pas de raison impérative d'intérêt public majeur (RIIPM) justifiant la construction de l'autoroute A69 Toulouse-Castres. Par conséquent, la juridiction demande l'annulation totale des autorisations environnementales de l'ouvrage.
Cette décision met un terme au chantier du tronçon routier de 53 kilomètres qui devait être mis en service à la fin de l'année afin de gagner une vingtaine de minutes pour relier Toulouse et Castres (aujourd'hui 1 h 10 par la route nationale).
Le collectif La Voie est libre, réunissant les opposants au projet, salue dans un communiqué « une décision historique ». C'est en effet la première fois en France que la justice annule la construction d'une autoroute pour des raisons environnementales. En 2018, l'abandon du projet d'A45 Lyon-Saint-Étienne avait relevé d'une décision politique. La justice administrative avait déjà retoqué le contournement du village touristique de Beynac, en Dordogne mais il s'agissait d'un ouvrage de moindre envergure.
Lors de l'audience du 18 février dernier sur le fond du dossier, la rapporteure publique Mona Rousseau, dont les avis sont souvent suivis par la justice, avait déroulé un argumentaire en défaveur du projet : « Le projet présente un intérêt économique sans pour autant que la zone souffre d'enclavement. En termes de sécurité routière, son intérêt doit être mis en balance avec la dégradation à venir de l'itinéraire de substitution », avant de conclure avec fermeté : « Nul doute que vous trouverez un intérêt public à ce projet mais il n'est ni impératif ni majeur. »