Grand Corps Malade, enfin seul !
Propos Recueillis Par Éric Mandel
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Le chanteur, mercredi, à Paris.
Ambroise Tézenas
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Le chanteur, mercredi, à Paris.
Ambroise Tézenas
Le rendez-vous n'a pas été fixé dans un bar branché de la capitale ou dans un studio d'enregistrement, mais dans les bureaux d'une société de production cinéma (Mandarin). C'est là que le très prolifique Grand Corps Malade finalise le montage de son troisième film, Monsieur Aznavour, un biopic consacré au grand Charles dont la sortie en salles est prévue en octobre 2024. Mais pour l'heure, son actualité est musicale avec son huitième album solo.
LA TRIBUNE DIMANCHE- Reflets est votre premier disque sans aucun invité. Un choix délibéré ?
GRAND CORPS MALADE- Cela s'est fait naturellement. Mesdames était un album de duos. Ensuite, il y a eu notre parenthèse enchantée avec Gaël Faye et Ben Mazué pour le mini-album Éphémère. Quand tu es en duo ou en trio, forcément tu cherches un compromis, même si je n'aime pas ce mot... Disons qu'il faut trouver une entente, un thème commun, une alchimie. J'adore l'exercice, mais après ces aventures collectives je voulais revenir à du solo pur et dur. Les douze chansons du disque ont été écrites et enregistrées assez vite, entre janvier et mai derniers. J'ai ensuite enchaîné avec Monsieur Aznavour, mais j'ai peaufiné le mixage pendant le tournage. Je terminais le vendredi et je passais mon weekend en studio. Les gens me prenaient pour « un fou » mais j'ai adoré ces petites récréations musicales, parce que réaliser un film, c'est génial mais c'est long, une autre échelle du temps. C'est là que je vois que la musique est vraiment dans mon ADN.
Reflets se termine d'ailleurs avec une chanson drôle et profonde sur votre relation parfois conflictuelle avec la musique...
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Avec Paroles et musique, je voulais raconter une petite rivalité amicale. Je viens du slam, un art a cappella par excellence fondé sur l'interaction avec le public. Pourtant, dès mes débuts, l'envie de slamer sur des notes s'est imposée comme une évidence, même si l'exercice relève de la petite trahison pour les puristes. À l'époque, j'écrivais sans arrêt des « textes Kleenex » que je slamais dans les bars. J'adorais cette forme d'urgence, mais je voulais laisser une trace. J'avais donc décidé d'enregistrer mes titres préférés avec des musiciens, parce qu'un album de slam a cappella est un non-sens, c'est chiant, tout simplement. La musique met en valeur les paroles, souligne les émotions, elle est essentielle, mais attention, elle ne doit pas prendre le pas sur les paroles. C'est le propos de cette chanson où je m'amuse à jouer un parolier un peu autoritaire qui rappelle à la musique que c'est lui le patron...
Propos Recueillis Par Éric Mandel