Élisabeth Badinter : « Aujourd’hui que Robert n’est plus là... »

Anna Cabana
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Dans son bureau à Paris, le 15 avril.
LTD / HÉLÈNE BAMBERGER/OPALE.PHOTO

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Ses épaules nous avaient paru si frêles le jour de l'hommage national rendu à son mari, il y a deux mois et demi, que l'on ne s'attend pas, quand Élisabeth Badinter nous ouvre la porte ce lundi matin, à l'entendre dire d'une voix implacable ce qu'elle dit à ses visiteurs depuis cinquante-deux ans: « Allons dans mon bureau ! » Tout a été écrit sur le très raide escalier métallique en colimaçon qui relie l'entrée de l'appartement aux pièces sous les toits dans lesquelles madame travaille. Tout a été dit, aussi, sur le cérémonial consistant à escalader à sa suite pour prendre de la hauteur. Ce matin-là, parce qu'on la sait éprouvée, et puis aussi parce qu'elle a eu 80 ans le 5 mars, on attendait l'intellectuelle au tournant - et des tournants, il n'y a que ça dans le fameux escalier, on aurait d'ailleurs dû les compter, mais on était trop concentrée sur les baskets Camper d'un blanc immaculé qui grimpaient devant nous. Eh bien elles n'ont ni patiné ni trébuché, ces baskets.
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