Energie : le nouveau DPE relance la guerre entre gaziers et électriciens
Marine Godelier, avec César Armand
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La guerre entre gaziers et électriciens couvait depuis longtemps. La voici de nouveau ouverte, à l'aune de la prochaine réforme sur le Diagnostic de performance énergétique (DPE) dans les logements. Mercredi 9 juillet, le gouvernement a annoncé qu'il pénalisera moins les ménages chauffés à l'électricité qu'aujourd'hui, par rapport à ceux ayant recours aux combustibles fossiles. Ce qui déclenche l'ire des gaziers, en ordre de bataille pour ne pas perdre du terrain.
À commencer par l'un de ses lobbys les plus bruyants, Coénove, dirigé par l'ancien député macroniste Jean-Charles Colas-Roy. « Cela risque de favoriser les radiateurs électriques peu performants et donc d'augmenter la consommation d'énergie en hiver. C'est un cocktail explosif avec des risques de délestage, voire de black-out », lance-t-il à La Tribune. Le 20 juin déjà, l'association - qui se présente comme une fédération d'acteurs industriels du bâtiment et de l'énergie - avait écrit une lettre au Premier ministre, François Bayrou, pour dénoncer la mesure.
Mais la fronde n'aura pas suffi : l'exécutif compte changer le coefficient de conversion de l'électricité dès le 1er janvier 2026, pour « corriger une inégalité de traitement pénalisant jusqu'ici les logements chauffés à l'électricité, y compris lorsqu'ils ont fait l'objet de travaux de rénovation », a confirmé Matignon. Il passera de 2,3 à 1,9, tandis que celui du gaz naturel restera inchangé, à 1, conformément au droit européen.
Concrètement, la réforme pourrait faire sortir environ 850 000 logements du statut de passoire énergétique (classes F ou G) sur les 5,8 millions actuellement recensés, assurent les pouvoirs publics.
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Derrière l'aspect technique, les enjeux s'avèrent très politiques. « Pour comparer la performance des sources d'énergies, on s'intéresse à leur pouvoir calorifique : combien de gaz, de pétrole ou d'électricité a-t-il fallu utiliser pour dégager la même chaleur ? », explique l'économiste Jacques Percebois. Or, le rendement des combustibles fossiles, lorsqu'ils sont brûlés directement dans une chaudière, est bien meilleur que celui de l'électricité.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

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