EXCLUSIF. Les lycées franciliens abandonnent progressivement les solutions Microsoft pour adopter des outils français. Le directeur de la transformation numérique de la région Île-de-France dévoile à La Tribune comment la collectivité migre vers un cloud souverain et des logiciels nationaux pour héberger les données de ses 550 000 élèves et enseignants.Dans les lycées franciliens, une révolution silencieuse est en marche. Au moment où chaque contrat signé avec un géant américain nourrit un débat sur la souveraineté numérique, l’Île-de-France aborde la rentrée sous pavillon français. Depuis 2023, la région a engagé une vaste transformation de son réseau : la suite Microsoft est progressivement abandonnée au profit d’une combinaison tricolore de logiciels. Wordline gère désormais la messagerie, Docaposte la vie scolaire, et Leviia prend en charge l’hébergement des données.
La dimension la plus critique porte sur ce dernier point. L’hébergement repose sur l’emplacement, sur l’emplacement géographique des données, véritable facteur de souveraineté. Depuis septembre, la région a ainsi complètement tourné la page de ses infrastructures historiques et supprimé ses comptes Microsoft 365 pour migrer vers le cloud de Leviia, dont les data centers sont situés en France. À terme, environ 550 000 lycéens et professeurs disposeront d’un espace personnel sur MonLycée.net, plateforme commune intégrant l’ensemble des services.
Une hausse des tarifs chez Microsoft
« Nous voulions transformer l’espace de travail entre professeurs et élèves, en créant des drives collaboratifs accessibles à tous. L’abandon progressif de Microsoft est le fruit de plusieurs facteurs, mais la question du stockage de données de mineurs, forcément sensibles, a pesé dans la balance », explique Bernard Giry, directeur de la transformation numérique à la Région Île-de-France.
Au-delà de la souveraineté, la question des coûts reste centrale. Comme d’autres administrations, la région a été confrontée à une hausse brutale des tarifs de Microsoft. Pour certaines collectivités, les coûts peuvent grimper de plus de 30 %, entraînant des dépenses supplémentaires de plusieurs centaines de milliers d’euros. Dans un contexte budgétaire contraint, ces majorations poussent logiquement à explorer des solutions françaises ou, à défaut, européennes.