OPINION. « Des communes au commun, l’espérance en action », par Florian Bercault, Olivia Fortin et 9 autres membres du Printemps des maires

Olivia Fortin, maire des 6e et 8e arrondissements de Marseille et Florian Bercault, maire de Laval.
LTD/DR

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Il y aura en mars 2026 autant d’élections municipales que de communes : chacune sera singulière, enracinée dans une histoire, un lieu, une relation. À l’heure où le débat politique national est peu compris et anxiogène, il pourrait nous inviter au repli et à un vote contestataire et il fait de toute évidence peser sur les Françaises et les Français une inquiétude profonde. Ce climat ne doit pas infuser sur les municipales.
Mais la réciproque n’est pas vraie : les élections municipales peuvent et doivent influencer les élections nationales, en s’appuyant sur un élan et un souffle nouveaux venus des territoires. Nous affirmons que les maires seront les artisans des prochaines échéances. L’élan donné par les municipales sera celui de la présidentielle.
Nous, maires, candidats à la prochaine élection municipale, sommes la force de concorde et de cohésion nationale pour les combats politiques à venir. Et nous devons avoir une voix qui compte. Alors nous lançons un appel à tous les maires, à tous les candidats : ne laissons pas d’autres parler à notre place.
Nous, élus locaux, nous savons ce que vivent les Françaises et les Français. Parce que nous accompagnons les habitants de la naissance à la mort. Nous célébrons les fêtes, les rites, les commémorations. Nous sommes les artisans du lien, ceux qui prennent soin des enfants, des anciens, des vulnérables, de la vie associative. Nous préparons la génération qui vient. Nous incarnons la stabilité, la continuité, la responsabilité du quotidien, la gestion rigoureuse et les projets d'avenir des territoires ruraux, urbains, et périurbains.
Loin de la démocratie gazeuse et des projecteurs médiatiques, nous sommes dans le concret, aux côtés des habitants et au plus près des difficultés. Nous constatons et vivons comme nos administrés l’incertitude du lendemain, les choix budgétaires délicats et contraints, les inégalités, les effets du changement climatique. Nous connaissons les obstacles à la mobilité, à l’emploi, au logement, à la dignité. Et chaque jour, nous composons avec la complexité et la richesse de l’altérité.Notre conscience des difficultés nous oblige.
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Chaque jour, notre action locale dépend du cadre national : du budget de l’État, des orientations de politiques publiques et des priorités fixées par le gouvernement. Comment pourrions-nous agir utilement si les politiques de solidarité qui soutiennent la cohésion sociale venaient à être affaiblies, ou si l’État refusait d’assumer ses responsabilités face au changement climatique ? Comment les habitants de nos villes et de nos villages pourraient- ils vivre demain dans de telles conditions ?
Pour que les communes puissent pleinement jouer leur rôle, nous devons retrouver un horizon commun. Car bientôt, il ne suffira pas d’être “contre” le repli et la haine. La présidentielle ne se gagnera pas qu’avec une simple addition de partis politiques. Elle se gagnera en rassemblant largement “pour” une société désirable, fraternelle et juste. Pour un pays apaisé et rassemblé.
Nous faisons une proposition : instaurer un moratoire sur la haine et refonder l’espérance politique depuis nos communes. Et pour cela construisons ensemble un socle solide affirmant notre besoin de concorde, de diversité, d'humanité, de dignité. Construisons un récit fédérateur et inclusif, sans diaboliser, mais en cherchant à unir.
Cette reconstruction doit partir des communes et des territoires, de cette France qui agit déjà, loin du bruit. C’est dans les communes que se retisse le lien entre les citoyens et la République. C’est là que se vivent la solidarité, la responsabilité et la joie du collectif. Les acteurs locaux portent un récit positif, loin du cynisme et de la peur.
Ce récit, c’est celui d’un pays qui se rassemble plutôt qu’il ne s’oppose, d’un peuple qui choisit de bâtir plutôt que de craindre, d’une démocratie qui renaît à la racine, dans les territoires. Il est temps que tous les acteurs qui défendent au quotidien une société vivante et solidaire, organisations syndicales, associations, fondations, citoyens, militants, élus locaux, se mettent en mouvement, chacun depuis sa place, pour contribuer à cette dynamique.
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Le Printemps des maires, pour sa part, se propose de fédérer les maires, les élus locaux et les candidats aux municipales afin de participer à la reconstruction du récit national. Et nous nous tenons prêts à contribuer à un nouvel élan. Depuis les territoires, et rassemblés, faisons grandir la fraternité, l’espérance et la promesse d’un avenir commun dans la paix.
Liste des signataires :
Aurélie Mézière - Maire de Plessé
Hugo Biolley - Maire de Vinzieux
Agnès Bourgeais - Maire de Rezé
Laurent Godet - Maire de la Chapelle-sur-Erdre
Fabien Aufrechter - Maire de Verneuil-sur-Seine
Pierre Schmit - Maire de Hermanville-sur-Mer
Cyril Cibert - Maire de Chenevelles
Baptiste de Fresse de Monval - Maire de Margny-sur-Matz
Maxence Gille - Maire de Lizy-sur-Ourcq
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