OPINION. « Plan de paix américain à Gaza : le retour gagnant de Trump ? »
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Netanyahou condamne le soutien à l'État palestinien à l'ONU après le départ de nombreux manifestants.
Reuters
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Netanyahou condamne le soutien à l'État palestinien à l'ONU après le départ de nombreux manifestants.
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Cette semaine, Donald Trump, qui veut en finir enfin avec ce conflit comme d’autres, a réuni à l’ONU plusieurs pays arabes pour promouvoir un plan de sortie de crise. De ses propres mots, ce fut sa réunion la plus importante entourée de nombreux dirigeants des pays arabes. S’il est appliqué avec des garanties claires, il mérite un soutien de tous, car il est urgent de mettre fin aux combats, de garantir la sécurité d’Israël et de marginaliser le Hamas pour assurer une transition politique à Gaza qui écarterait dans le même temps une réoccupation de l’enclave par Israël.
Ce plan prévoit une trêve durable, un échange d’otages israéliens et de prisonniers palestinien, un retrait progressif des forces israéliennes et l’exclusion du Hamas de la gouvernance de Gaza. Il maintiendrait les habitants dans l’enclave, en rupture avec les projets de déplacement massif que souhaite le gouvernement israélien et qu’il a tenté de mettre en musique depuis plusieurs semaines en consultant différents pays qui pourraient accueillir les Palestiniens. Le fait que le Hamas, selon certaines sources récentes, ait accepté ce plan est un signe plutôt encourageant, encore à confirmer, même s’il vaut mieux rester prudent. Si cette adhésion se concrétise sur un accord final, un tournant majeur est possible.
Faire cesser les combats est une urgence humanitaire, mais il faut aussi un dispositif clair pour éviter le retour des combats, en garantissant le retour des civils sur ce qu’il reste de leurs villages, la reconstruction et la libération des otages à Gaza. Dans le même temps, la sécurité d’Israël doit être assurée, avec des zones démilitarisées et des garanties internationales, tandis que le Hamas doit être désarmé et écarté de la gouvernance. D’ailleurs, il y a plusieurs semaines, 17 pays arabes ont reconnu à la fois le drame du 7 octobre 2023 et la nécessaire capitulation du Hamas.
Le succès de ce plan repose depuis le début sur l’implication de médiateurs régionaux. L’Égypte, par sa position frontalière et son influence diplomatique, est centrale pour l’ouverture des couloirs humanitaires. Le Qatar, en contact avec le Hamas, a déjà contribué à faire accepter certaines propositions de trêve et à libérer des otages. Ces deux acteurs, avec le soutien d’autres pays arabes, peuvent garantir la mise en œuvre du plan et servir de relais entre les parties. Leur engagement est indispensable pour éviter que le projet américain ne reste une déclaration sans suite. L’appui global de près d’une vingtaine de pays arabes, dont plusieurs sont des partenaires historiques des Etats-Unis devrait être un atout dans l’application concrète du plan.
On accuse le plan d’être trop favorable à Israël, mais Washington ne prend personne par surprise sur ce plan-là. Trump est un allié indéfectible, parfois trop de Netanyahu, qui n’offre pas beaucoup de perspectives crédibles de sortie de guerre depuis tant de mois puisque le Hamas ne désarme pas. Or, c’était sa demande numéro un. Mais aucun accord sérieux ne peut ignorer la question de sa sécurité. D’autres doutent que le Hamas respecte ses engagements, ce qui est un risque ; c’est pourquoi un mécanisme de contrôle international est prévu. Il faut de toute façon stopper les morts à un moment ou à un autre. Ils sont beaucoup côté arabe à pourtant se méfier de Donald Trump depuis qu’il a laissé l’État hébreu frapper le Qatar courant septembre dernier. Idem avec son plan radical de Riviera à Gaza. Ce plan préviendrait le pire. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut faire avec le rapport de force actuel : sans un acteur puissant comme les États-Unis et l’appui des médiateurs arabes, aucune avancée ne sera possible. Le statu quo en l’état, ce sera la guerre sans fin. Si Trump parvient à arracher un accord, il démentira les rageux qui lui reprochent de trop parler et de ne parvenir à rien : comme si quelqu’un avait trouvé une solution à ce conflit pourri qui dure depuis des décennies.
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(*) Docteur en sciences politiques, chercheur monde arabe et géopolitique, enseignant en relations internationales à l'IHECS (Bruxelles), associé au Cnam Paris (équipe Sécurité Défense), à l'Institut d'études de géopolitique appliquée (IÉGA Paris), au Nordic Center for Conflict Transformation (NCCT Stockholm) et à l'Observatoire géostratégique de Genève (Suisse).
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