La décision a fait l’effet d’une bombe. Le tribunal de commerce de Lyon a prononcé, ce mardi 30 septembre, la liquidation de l’équipementier automobile AMIS (groupe Sifcor), avec une poursuite d'activité jusqu'au 31 octobre. La justice a rejeté l’unique offre de reprise émanant de CMW, un fabricant d’engrenages implanté dans le Rhône, qui s’était engagé à reprendre 146 salariés sur les 191 restants. Pour les syndicats et les acteurs du dossier, c’est l’incompréhension totale. Ce matin, les salariés sont en grève et ont bloqué les entrées et sorties de l’usine AMIS de Montluçon, dans l’Allier.
Face à un effondrement de son carnet de commandes, AMIS, spécialisé dans la fabrication de pignons de différentiels pour l’industrie automobile et notamment Renault et Stellantis, avait été placé en redressement judiciaire fin octobre 2024. Le groupe, implanté également à Guéret dans la Creuse, avait également lancé un important plan de restructuration supprimant plus de la moitié de ses 380 postes. CMW s’était positionné pour reprendre le site de Montluçon et comptait injecter 4 à 5 millions d'euros dans le fonds de roulement pour relancer la machine.
Le groupe lyonnais voulait créer un « centre d’excellence français de l’engrenage » et prévoyait de diversifier les débouchés d’AMIS, trop dépendant du secteur automobile.