Croissance : la chute de Bayrou va entraîner une perte de 0,2 point de PIB d’ici fin 2026, selon Rexecode

François Bayrou lors de la passation de pouvoir avec Sébastien Lecornu le 10 septembre 2025.
LUDOVIC MARIN/Pool via REUTERS

François Bayrou lors de la passation de pouvoir avec Sébastien Lecornu le 10 septembre 2025.
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Le vote de confiance ainsi que la chute du gouvernement Bayrou vont coûter cher à l’économie française, selon Rexecode. Dans ses perspectives économiques 2025-2026, publiées mercredi, l’institut d’études économiques prévoit une croissance française de 0,7 % en 2025, et de 0,9 % en 2026. Avec, d’ici à la fin 2026, « une perte de 0,2 point de PIB » entre ses prévisions de juin 2025 et de septembre 2025.
Et pour cause, « le choix du gouvernement de solliciter un vote de confiance, alors que son rejet semblait acquis, a généré un nouveau choc d'incertitude », explique Rexecode dans une synthèse de ses prévisions pour la France. Cet ajustement de 0,2 point représente une perte de 6 milliards d'euros PIB en moins, traduit Anthony Morlet-Lavidalie, économiste au sein de Rexecode, interrogé par La Tribune.
Il s'agit d'un « choc modéré à ce stade », commente l'économiste. « La France s'en passerait bien. La croissance est déjà faible, venir l'affaiblir encore plus est pernicieux. Mais ce n'est pas non plus un cataclysme », ajoute-t-il. Cette perte résulte « d'un ralentissement de l'investissement des entreprises et d'une plus grande prudence des ménages dans leurs dépenses de consommation », précise Rexecode.
« Ce choc d’incertitude […] conduit à une hausse significative des reports ou annulations d’embauches, et plus encore des projets d’investissement », détaille Rexecode. « Les dépenses d’investissement apparaissent comme le premier poste ajusté à la baisse, car elles constituent le levier le plus facilement mobilisable à court terme pour les entreprises, tandis que la masse salariale s’ajuste plus lentement », explique-t-il.
Entre les prévisions de juin et celles de septembre, l’institut d’études économiques prévoit un ajustement de -1,2 point des investissements des entreprises et de -0,5 point de la consommation des ménages. Cette baisse de la consommation est « plus marquée » en France qu’en Europe. « La préférence marquée des ménages pour l’épargne perdure et pourrait s’accentuer face au nouveau choc d’incertitude politique », anticipe Rexecode.
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Concernant les finances publiques, « il semble peu probable que le déficit public repasse sous la barre des 5 % d’ici 2026 », estime Rexecode, qui s’attend avec Sébastien Lecornu à un budget « moins ambitieux que le budget Bayrou ». « En conséquence, nous anticipons un déficit public de 5,3 % du PIB en 2025 (légèrement inférieur aux 5,4 % projetés par le gouvernement), puis de 5 % en 2026 », indique l’institut.