Budget 2026 : le gouverneur de la Banque de France aurait voulu un déficit inférieur à 5 %
latribune.fr
Le gouverneur de la Banque de France juge nécessaire d'offrir aux Français davantage de choix en faveur de placements de long terme
REUTERS - DENIS BALIBOUSE
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, regrette que le budget 2 026 repose sur un déficit public proche de 5 % du PIB. Dans une interview à Ouest-France, il appelle aussi l’Europe à « se réveiller » face aux États-Unis et à la Chine, et invite à mieux orienter l’épargne des ménages vers le financement des entreprises.
François Villeroy de Galhau a de nouveau exprimé ses inquiétudes sur la trajectoire des finances publiques françaises. Alors que le déficit devrait rester proche de 5 % du produit intérieur brut dans le cadre du budget 2026, le gouverneur de la Banque de France estime qu’un effort plus marqué aurait été souhaitable. « J’aurais souhaité une réduction plus forte », a-t-il déclaré samedi dans une interview à Ouest-France, tout en jugeant qu’« il va falloir effectivement respecter » l’objectif affiché par le gouvernement.
L’an dernier, le déficit public avait atteint 5,4 % du PIB. Le banquier central avait déjà mis en garde contre les risques d’un maintien durable à ces niveaux, estimant que la France « se mettrait en danger » si la trajectoire n’était pas redressée plus franchement.
Au-delà de la situation française, François Villeroy de Galhau a également élargi son propos au contexte international. Après le recul du président américain Donald Trump sur l’instauration de nouveaux droits de douane, il a salué une décision « tant mieux quand certaines menaces inacceptables sont retirées ». Mais, a-t-il ajouté, « l’Europe doit prendre davantage en main son destin économique pour réduire sa dépendance » vis-à-vis des États-Unis et de la Chine.
« Elle doit être capable de créer un rapport de force pour se défendre. Mais surtout, elle doit se réveiller ! », a-t-il insisté, invitant les Européens à « moins parler de M. Trump » et à « se retrousser les manches pour mobiliser les atouts » du continent, à « agir plus vite, plus clair, plus fort » et à « muscler l’Europe ».
Le Mercosur n'est pas responsable de la crise agricole
Interrogé sur le traité de libre-échange avec le Mercosur, que le Parlement européen a décidé de contester devant la Cour de justice de l’Union européenne, le gouverneur a reconnu qu’« il y a une crise » dans certaines filières agricoles. Mais, selon lui, « le traité n’est pas responsable de cette crise, et ne pas le signer ne serait pas un remède ». Il estime au contraire qu’il pourrait « bénéficier à l’industrie française, et à d’autres filières agricoles comme les produits laitiers ».
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Enfin, François Villeroy de Galhau s’est exprimé sur la forte épargne des ménages français, qui représente près d’un cinquième de leur revenu disponible. Il a jugé nécessaire de leur offrir davantage de choix en faveur de placements de long terme, « comme les plans d’épargne retraite, ou des produits davantage fléchés vers les fonds propres des entreprises, comme les actions ». « Dans la durée, elles rapportent plus que le livret A ou l’assurance-vie en euros », a-t-il souligné.