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Depuis la Maison Blanche, Bill Clinton vole au secours de Barack Obama

Jérôme Marin, à New York

Publié le 10 décembre 2010 à 20:42 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 21:49

Bill Clinton et Barack Obama

Bill Clinton et Barack Obama

(c) Reuters

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Au cours d'une conférence de presse surréaliste, l'ancien président américain a appelé ce vendredi les démocrates à voter en faveur du compromis fiscal défendu par le locataire actuel du bureau ovale.

L'image nous renvoie dix ans en arrière. Depuis la célèbre salle de presse de la Maison Blanche, Bill Clinton a répondu ce vendredi aux questions des journalistes. Comme un poisson dans l'eau, l'ancien président est resté pendant près d'une demi-heure devant les caméras, en direct sur toutes les grandes chaines d'informations. A ses côtés, Barack Obama se retrouve presque réduit au rôle de faire-valoir. Il a d'ailleurs quitté la salle avant tout le monde, pour assister à une fête accordée en l'honneur du personnel de la Maison Blanche.

"Je suis heureux d'être là ", a expliqué Bill Clinton au cours d'une conférence de presse surréaliste, improvisée à la dernière minute après un entretien dans le bureau ovale entre les deux hommes. A plusieurs reprises, il a ignoré les instructions de Robert Gibbs, le porte-parole de Barack Obama, qui souhaitait mettre un terme à cette conférence. "Voila un ancien président qui aimerait toujours être président", plaisante la présentatrice de CNBC. "S'il cherche un travail, il ferait un excellent porte-parole", répond un commentateur.

Avec l'aisance comme lui connaît, l'ancien locataire de la Maison Banche s'est livré à un véritable plaidoyer en faveur du compromis fiscal conclu la semaine passée entre Barack Obama et les responsables du parti républicain. Un compromis très largement critiqué par les démocrates - à commencer par Harry Reid et Nancy Pelosi, les chefs de file de la majorité démocrate au Sénat et à la Chambre de représentants -, qui menacent désormais de bloquer cette loi au Congrès. "A mon avis c'est un bon projet de loi et j'espère que mes amis démocrates vont le soutenir", a-t-il indiqué.

"Je pense que c'est le meilleur accord bipartisan possible (et) je ne pense pas que l'on pourra obtenir un meileur arrangement en attendant", a-t-il poursuivi, rappelant qu'il était, lui aussi, opposé sur le principe au maintien des avantages fiscaux accordés aux plus riches. "Mais un projet bipartisan n'est jamais parfait aux yeux d'un partisan", a-t-il expliqué en connaissance de cause. Lors des deux dernières années de son premier mandat, Bill Clinton avait en effet été forcé à la cohabitation après une sévère défaite lors des élections de mi-mandat de novembre 1994.

La principale mesure du compromis entre Barack Obama et les républicains concerne l'extension pour deux ans des tous les avantages fiscaux accordés sous la présidence de George Bush, qui arrivaient à leur terme en fin d'année. Les républicains ont tout fait pour que les ménages les plus aisés, gagnant plus de 250.000 dollars par an, conservent ces déductions, insistant notamment sur l'impact négatif qu'aurait eu une décision inverse sur la croissance. Dans un premier temps opposé à poursuivre cette politique, dans un contexte de déficit budgétaire galopant, Barack Obama a dû céder du terrain. Le président américain souhaitait au contraire concentrer l'effort fiscal sur les classes moyennes.

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En contrepartie, les démocrates ont obtenu la prolongation pour 13 mois des mesures d'urgence allongeant la durée des indemnisations chômage de 26 à 99 semaines, alors que plus de 40% des 15,1 millions de chômeurs - estimation officielle qui ne prend pas en compte les salariés subissant un temps partiel forcé et les sans-emplois découragés qui ont cessé leurs recherches- sont sans emploi depuis plus de 6 mois (26 semaines). Le 1er décembre, 800.000 chômeurs se sont ainsi retrouvés sans aucune allocation. Et ils auraient pu être 2 millions avant la fin de l'année.

Jérôme Marin, à New York

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