Le XV de France « ter » n’est pas passé loin de créer l’exploit en Nouvelle-Zélande (31-27). Une victoire morale. Le réservoir bleu est profond.Alors, Justin Marshall, qui a manqué de respect ? Le XV de France, privé de ses atouts majeurs pour sa tournée et pourvu de cinq bizuts au coup d'envoi du premier des trois tests (plus trois autres sur le banc), ou l'ancien All Black qui, entraînant les médias néo-zélandais dans son sillage, se demandait s'il fallait inviter cette équipe de troisièmes couteaux ?
Les six dernières minutes du match apportent une magnifique réponse à cette question. D'abord, Beauden Barrett a fini par renoncer à la pénaltouche pour prendre 3 points. Puis les tribunes couvertes de Dunedin ont soufflé quand Romain Taofifénua a laissé tomber le ballon du hold-up. Pour finir, les Blacks ont troqué leur jeu de feu pour le pragmatisme du pick and go en attendant la sirène.
Voilà une petite défaite sportive qui ressemble à une grande victoire morale. « Ça restera gravé à jamais », apprécie l'ouvreur bayonnais Joris Segonds, qui découvrait le niveau international. Les Bleus vraiment bleus de Fabien Galthié ont certes échoué à gagner au pays du long nuage blanc, ce qu'ils n'ont fait qu'une fois en quarante ans (2009), et n'ont pas allongé leur série de trois victoires consécutives face aux triples champions du monde, mais ils ont égalé le record de points marqués sur place. Les observateurs locaux imaginaient un enfer à plus de 40 points d'écart, ils ont été bien contents de s'en sortir avec dix fois moins, quand bien même leur équipe s'est vu refuser trois essais et a évidemment dominé.
« On n'a aucun respect par rapport aux 42 joueurs qui sont en Nouvelle-Zélande, on ne reçoit que des moqueries de la part de la presse néo-zélandaise, a réagi sur Canal+ le troisième ligne lyonnais Mickaël Guillard. On avait tous à cœur de faire un gros match pour montrer que certes il n'y a pas tous les meilleurs joueurs mais que ceux qui sont là ont le niveau. » Au bout du compte, la fierté se mêlait à la frustration.