Les Français sont-ils « JO-stalgiques » ?
Mathis Beautrais

La vasque olympique marquera son retour dans la « skyline » parisienne dès samedi 21 juin 2025.
LTD/Emma DA SILVA/AFP
Mathis Beautrais

La vasque olympique marquera son retour dans la « skyline » parisienne dès samedi 21 juin 2025.
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Dans une semaine, la vasque olympique s'envolera à nouveau dans le ciel de Paris. Près d'un an après les Jeux, l'imposant ballon couleur argent a retrouvé jeudi sa place au centre du jardin des Tuileries, où il sera visible chaque soir à partir du samedi 21 juin. Le souvenir grandeur nature d'un été enchanté pour les 33 % de Français qui, selon une enquête de la Fondation Jean-Jaurès à paraître ce lundi, se disent nostalgiques des JO parisiens.
Si cette impression n'est pas majoritaire, « tous les souvenirs associés à cet événement sont extrêmement positifs », assure Jérémie Peltier, codirecteur de la fondation et contributeur du rapport. Autant que les performances sportives (25 %) - et notamment celles des athlètes tricolores - l'engouement du public (23 %) ainsi que la mise en valeur du patrimoine français et parisien (17 %) demeurent les « meilleurs souvenirs » de cet été olympique. « Ce qui reste dans les mémoires, c'est avant tout l'ambiance festive, le cadre de vie agréable et les rapports sociaux détendus », poursuit Jérémie Peltier.
Le sentiment de nostalgie, lui, est inégalement réparti. Il est prégnant chez les moins de 25 ans (56 %), les habitants de Paris (46 %), les sympathisants de Renaissance (56 %) et des partis de gauche (40 %). À l'inverse, 70 % des plus de 65 ans et 71 % des partisans de la droite ne le ressentent pas. Ce qui n'empêche pas les sondés de citer d'abord la « réussite » (43 %) et la « fierté » (36 %) pour évoquer leur souvenir des JO. Les termes négatifs tels que l'« inflation » (13 %) ou les « interdits » (3 %) sont relégués en bas de pile.

Beaucoup de Français disent : « J'étais fier de mon pays car il gagnait, il rayonnait dans le monde », éclaire Jérémie Peltier. Le sentiment de fierté nationale a été bien plus partagé que d'habitude. Ç'a été un facteur de cohésion. » Preuve à l'appui, 72 % des personnes interrogées estiment que les Jeux olympiques ont contribué à valoriser la France à l'échelle internationale, quand elles sont 61 % à dire qu'ils ont favorisé le vivre-ensemble.
77 % des 18-24 ans s'accordent sur ce dernier point. Selon une autre enquête citée, Paris 2024 a d'ailleurs renforcé la confiance d'une majorité de Français (55 %) dans la capacité de leur pays « à faire face aux défis » qui se présentent à lui. Une majorité (70 %) considère en revanche que cette période a été une parenthèse « vite refermée » et que « tout est redevenu comme avant ».
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« Les Jeux ne pouvaient pas régler tous les problèmes d'un coup de baguette magique », sourit Jérémie Peltier. Bien que 30 % des Français déclaraient peu après les JO que la compétition les avait motivés à pratiquer un sport, la sédentarité concerne, d'après le ministère de la Santé, toujours plus d'un tiers de la population. Même constat pour le bénévolat et l'engagement associatif qui, s'ils ont été promus à l'occasion des Jeux, n'ont pas retrouvé leur niveau d'avant la pandémie de Covid.
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« Malgré tout, cet événement a montré qu'il était possible, le temps d'un été, de s'éloigner d'une société recroquevillée où les interactions sociales sont moins nombreuses, complète le codirecteur de la Fondation Jean-Jaurès. La question, c'est comment faire perdurer tout cela. » Le retour de la vasque olympique à Paris, jusqu'au 14 septembre et chaque été d'ici aux Jeux de 2028 à Los Angeles, est attendu comme un moyen de raviver la flamme.
Mathis Beautrais
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