Quand Marcel Proust devient, malgré lui, le fossoyeur d’un parc éolien
Nathalie Jourdan
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(Photo d'illustration).
Pascal Rossignol/Reuters
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Le verdict est tombé le 4 octobre. Le parc de huit éoliennes, qui devait sortir de terre dans la vallée de la Thironne chère à Marcel Proust, ne verra jamais le jour, malgré son emplacement au cœur d'une zone définie comme favorable à l'éolien par l'Etat. Au terme de trois ans de bras de fer entre l'entreprise normande JPEE, porteuse du projet, et la société des amis de l'écrivain, le Conseil d'Etat saisi par JPEE vient de donner raison à ses adversaires. La plus haute juridiction administrative a débouté le plaignant et confirmé le refus d'autorisation pris en 2020 par la préfète d'Eure-et-Loir de l'époque, suivant ainsi la décision prise par la cour d'appel de Versailles en 2022.
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Dans leurs attendus, les juges considèrent en effet qu'il est possible pour un préfet de refuser un projet industriel en raison « des dimensions historiques, mémorielles, culturelles et notamment littéraires d'un paysage ». Ce faisant, le conseil d'Etat reprend à son compte les arguments avancés par les associations proustiennes. Celles-ci s'insurgeaient contre la proximité des éoliennes avec le village d'Illiers-Combray, immortalisé par Marcel Proust dans l'un des chapitres de « Du côté de Chez Swann ». Dans une pétition parrainée par le chroniqueur Stéphane Bern (par ailleurs détenteur d'une propriété historique en Eure-et-Loir), elles dénonçaient « l'encerclement et la profanation de l'un des plus célèbres paysages littéraires au monde ». Exit donc le parc dit « du Combray ».
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